Le journal du Touring Club Suisse (TCS) dénonce les radars, utilisés selon eux comme moyen pour remplir les caisses de l'Etat. L'article parle de "racket organisé" et de "traitement abusif". Mais cette vision étriquée se focalise sur la pointe de l'iceberg et oublie les conséquences de la vitesse : diminution de la sécurité, pollution de l'air et bruit.

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La sécurité

Les limitations de vitesse sont là pour garantir la sécurité routière. La vitesse est la première cause de mortalité sur les routes. Et pour cause : les distances d'arrêt augmentent avec la vitesse :

  • à 30 km/h, il faut 13 m pour s'arrêter ;
  • à 50 km/h, il faut 28 m ;
  • à 90 km/h, il faut 70 m ;
  • à 130 km/h, il faut 129 m ;

Et ce sont les chiffres pour une route sèche avec de bons pneus. De plus le champ de vision diminue avec la vitesse : de 100° à 40 km/h, il passe à 30° à 130 km/h.

Plus on roule vite, plus le choc est violent : lors d'un choc frontal à 80 km/h, tout passager du véhicule, même ceinturé, n'a pratiquement aucune chance de survie. Si vous renversez un piéton à 40 km/h, le risque de le tuer est de 80% et à 60 km/h il n'a aucune chance de survie.

La loi

La loi est la même pour tous. Si quelqu'un commet une infraction, il prend le risque de recevoir une amende. Qualifier cela de "racket" revient à prôner l'anarchie, où chacun choisit sa vitesse acceptable...

Le bruit

Le bruit est un grave problème en Suisse. Une personne sur sept est soumise à un bruit supérieur aux valeurs limites légales. Ce sont les personnes défavorisées qui sont les plus touchées. Ce problème, loin d'être résolu a empiré ces dernières années : les gens vont habiter à la campagne pour être au calme, et le trafic engendré rend les banlieues autrefois calmes invivables.

Le trafic routier est responsable de 60% des nuisances sonores. Ces nuisances engendrent 1 milliard de francs par année (conséquences sociales, économiques, médicales). Et le bruit augmente avec la vitesse. Les excès de vitesse sont donc directement responsables des excès de bruit. Or aucun automobiliste ne paie de taxe sur le bruit qu'il produit.

On pourrait proposer que les amendes pour excès de vitesse alimentent un fonds de lutte contre le bruit...

La pollution de l'air

La consommation d'essence augmente avec la vitesse, et donc la pollution de l'air aussi. Un automobiliste qui roule à 60 kmh en ville pollue plus que celui qui respecte la limitation à 50 kmh. Il est donc logique que celui qui commet une infraction passe à la caisse.

Conclusion

En conclusion, personne n'est obligé de commettre un excès de vitesse, et les amendes sont un moyen efficace pour imputer les coûts externes engendrés (sécurité, bruit, pollution de l'air) à leurs auteurs. Et si vous pensez que les limitations de vitesse sont trop restrictives, laissez votre voiture au garage une seule journée, et promenez-vous dans votre commune à pied ou à vélo, on voit les choses autrement après, et c'est bon pour la forme.

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